Bigorexie : l’addiction de l’entraînement et des muscles – 1re partie

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Présentation

Un reportage spécial en 2 parties sur la bigorexie: l’addiction de l’entraînement et des muscles écrit par Bird Smith Chittaphone et Julien Leroux (Étudiants à la maîtrise en kinésiologie à l’Université de Montréal).

Voici la 1re partie:

Introduction

Aujourd’hui, les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram sont bondés de photos et de vidéos sur l’entraînement et la nutrition. Souvent accompagnés d’un homme musclé (et découpé au scalpel) ou d’une femme au derrière proéminent portant des vêtements plutôt révélateurs, ces images ou vidéos portent également un message motivationnel qui incite les gens à bouger plus et à mieux manger. « No pain, no gain! » « Sweat is just fat crying! » « Excuses don’t burn calories! ». À voir le nombre de like et de comment sur ces publications, cela semble apporter à première vue un effet positif.

Toutefois, avant d’atteindre un physique aussi impressionnant qu’eux, il faut généralement se restreindre à un programme d’entraînement strict et intense, surveiller sa diète constamment, s’assurer d’avoir une bonne récupération entre les entraînements et un sommeil optimal, et souvent même, prendre des supplémentations. Certaines personnes diront que c’est un mode de vie à adopter afin d’être en santé, tandis que d’autres verront plutôt ce comportement comme un trouble obsessionnel malsain.

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Qu’est-ce que la bigorexie?

Pour avoir une santé optimale, il faut être actif physiquement, avoir une diète saine et équilibrée, avoir suffisamment d’heures de sommeil, etc.  Avant d’observer des changements ou des résultats significatifs sur notre corps et notre santé, il faut d’abord être en mesure de maintenir ces habitudes dans le temps. Comme dirait un vieux proverbe, « Rome ne s’est pas faite en un jour ». Par contre, lorsque l’unique préoccupation d’une personne est l’entraînement et l’apparence corporelle musclée qui en résulte, et lorsque les autres sphères de la vie en sont affectées négativement (travail, école, famille, amis, etc.), on parle d’une psychopathologie appelée la bigorexie.

Aussi connue sous le nom de la dysmorphie musculaire ou de l’anorexie inverse, la bigorexie est une sous-catégorie des troubles de dysmorphie corporelle, au même titre que l’anorexie. Cette obsession ou dépendance peut être comparable aux troubles de dépendances comme l’alcoolisme, par le fait que les individus ne vont pas cesser leur dépendance d’un seul coup malgré les risques pour leur santé. De même, les individus atteints de ce trouble ont une perception embrouillée de leur apparence physique. C’est-à-dire, qu’ils sont rarement satisfaits de leur masse musculaire, se voyant trop petits, et tentent donc de l’augmenter constamment.

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« La bigorexie est une psychopathologie menant à une obsession compulsive de l’entraînement et des muscles, et de l’apparence physique qui en résulte. »

Quelques chiffres

Encore aujourd’hui, il existe peu de données sur la maladie, mais selon plusieurs experts, le nombre de cas (prévalence) et de nouveau cas (incidence) serait en augmentation. À ce jour, nous savons que :

  • elle affecte les femmes et les hommes, mais semble être plus présente chez ces derniers;
  • elle touche autant le sportif de haut niveau que le sportif modeste;
  • l’âge moyen de l’apparition de la maladie est estimé à 19,5 ans;
  • 5 % des individus pratiquant l’entraînement en salle serait atteint de la maladie, tandis que le pourcentage augmenterait à 10 % chez les culturistes;
  • le taux de prévalence de la bigorexie dans la population générale pourrait être semblable au taux de prévalence de l’anorexie, soit 0,4 %;
  • 15 % des personnes qui pratiquent entre 1 et plusieurs heures de sport par jour peuvent être touchées par la bigorexie.

 

Soyez de retour demain pour la suite et conclusion de Bigorexie : l’addiction de l’entraînement et des muscles – 2e partie(https://kinetips.com/2015/12/17/2e-partie-bigorexie-laddiction-de-lentrainement-et-des-muscles-2e-partie/).

Écrit par : Bird Smith Chittaphone et Julien Leroux (Étudiants à la maîtrise en kinésiologie à l’Université de Montréal)

 

Crédit photo :

http://www.cosmopolitan.com.au/health-lifestyle/healthy-eating/2013/8/does-your-guy-have-bigorexia/  (Photo 1)

https://www.instagram.com/p/_E4Of1uhSo/?taken-by=lazar_angelov_official (Photo 2)

https://www.instagram.com/p/isCRP8mkSI/?taken-by=jenselter (Photo 3)

http://menfash.us/men-grooming/men-fitness-tips/bigorexia-disorder/ (photo 4)

Bibliographie:

Arguin, H.  (2015) KIN6500 – Activité physique et santé. AP et obésité chez les adultes, [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l’environnement StudiUM: https://studium.umontreal.ca/

Caron-Laidez, V. « La dépendance à l’effort. Synthèse des connaissances sur le phénomène d’addiction à l’activité physique : définition, diagnostic, effets physiques et physiologique, prise en charge ».  Evoulution4s  [En ligne] (25 juin 2010), p. 1-8. www.evolution4s.fr/documents/Evolution4S_dependance.pdf (Page consultée le 14 décembre 2015)

D. M. Veale, Psychological aspects of stalness and dependence on exercise, International Journal of Sports and Medecine, 1991, 12 (Suppl 1), 19-22.

Labrecque, I. Estime de soi et personnalité: dans quelle mesure la dysmorphie musculaire s’apparente-t-elle aux troubles des conduites alimentaires? (Thèse (de doctorat) – Université Laval), 2014 [En ligne]. http://www.theses.ulaval.ca/2014/31055/31055.pdf (Page consultée le 9 décembre 2015)

Laplante, E. (2015). L’entrainement, c’est ma vie!. University of Ottawa Journal of Medicine5(2), 59-62.

Palmié, N. La dépendance aux stéroïdes anabolisants androgènes. (Thèse (de doctorat) – Université de Montpellier), 2010 [En ligne]. http://wwwold.chu-montpellier.fr/publication/inter_pub/R277/A6587/DependanceSteroidesAnabolisants2010.pdf (Page consultée le 9 décembre 2015)

Prétagut, S., & Guérineau, B. (2014). De la prise de risques à l’addiction chez l’adolescent sportif. Dépendances chez l’enfant et l’adolescent36, 127.

Valleur, M., & Velea, D. (2002). Les addictions sans drogue (s). Rev Toxibase6, 1-13.

 

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